• Cyriane

Maison Ruinart - R comme R(h)eims.

Mis à jour : 28 juil 2019


Champagne ; Reims.


Okay les gars, pendant ma visite, j'ai noirci trois pages recto-verso de mon carnet.

Je vais donc tenter de vous la faire (cool) courte.


En pleine période des assemblages et en fin de haute saison touristique, me voilà arrivée chez la première maison de champagne, fondée en septembre 1729 par un certain Nicolas Ruinart.


Pour bien comprendre les débuts de la maison, il y a deux éléments à intégrer : 1 - le tonton de Nicolas et 2 - l'autorisation par Louis XV de transporter le vin en bouteille.


Pour le premier, l'oncle chéri n'est autre que... Dom Ruinart (contemporain de Dom Pérignon). Homme de foi mais aussi érudit et théologien, il s’aperçoit en visitant de nombreuses cours royales que la noblesse s'ennuie.

Grand dieu !

Il fallait absolument trouver un produit pour les amuser.



Pour le deuxième, vous conviendrez avec moi que si l'on déplace un tonneau plein d'un liquide effervescent (en calèche) de Reims à Paris, il y a de grande chance pour que plus rien ne pétille à l'arrivée.

La démocratisation de la bouteille en 1728 (soit un an avant la création de la maison Ruinart) est un vrai pas en avant pour la Champagne.


Malin comme pas deux, il profite de ce bon alignement des planètes pour lancer son champagne et le vendre... à Versailles.

Un succès ? Non. Enfin... Suis-je peut-être un peu défaitiste : il a vendu 170 bouteilles...

5 ans plus tard, il en vendra 15.000 !!!

La réussite est tellement retentissante qu'il abandonne son entreprise d'étoffe ayant pourtant fait la fortune familiale.

Maintenant le champagne : c'est l'avenir !


L'année de ce triomphe, le roi avait commandé un tableau à Jean-François de Troy « Le Déjeuner d'huîtres ». Regardez donc de plus près ! La forme des bouteilles ne vous rappellent-elles pas quelque chose ?

Un indice : ça commence par un R.



Bien plus tard, en 1963, la maison sait qu'elle doit prendre le tournant décisif de l'exportation et de la publicité. Les deux guerres mondiales n'ayant pas aidé les finances, il fallait trouver un soutien ailleurs.

Entrée en scène d'un groupe dont la succession de lettres ne vous est certainement pas inconnue : LVMH.

- Boum -

Lorsque l'on pousse les portes d'une telle maison, il faut s'attendre à en prendre plein les yeux. Difficile d'en placer une, tant il y a de choses à entendre, comprendre et regarder.


Des œuvres d'art en veux-tu en voilà, ayant toujours pour thème Ruinart.

Parler vinification ? C'est beaucoup mieux lorsque l'on a un support façon « RouleTaBille » (photo de droite) designé par l'artiste Ugo Gattoni (si vous aussi vous voulez vous amuser : cliquez ici).



Pendant que la bille fait son bout de chemin, on comprend que le style Ruinart est « réducteur », au sens où l'on évite le contact avec l'air pour préserver les arômes primaires (fruités) du vin.


À côté de ce grand panneau, une vitre donne sur une partie de la cuverie. Semblable à un gros hublot, les regards curieux y observent les dernières opérations sur les bouteilles avant leur expédition.

Pour le reste (cuverie, pressoirs, etc.), il va falloir faire marcher votre imagination. C'est le crédo de la maison : comme un tour de magie, ils ne dévoilent pas leurs « trucs ».


Un exemple, si l'on demande le nombre de bouteilles produites : « Beaucoup et pas assez ».

- Touché -

Merci d'avoir piqué ma curiosité ! Pour les fouinards comme moi, vous trouverez une idée sur la Revue du Vin de France.


Après ça, suivez non pas le lapin blanc (quoique ! Après quelques verres de champagne...) mais le chemin tracé au sol.

En descendant les escaliers, on s'engouffre dans les entrailles de la ville, martelés au XVIIème siècle par les fiers coups de pioche des extracteurs de craie.

En 1931, l'UNESCO inscrit ces crayères à son patrimoine.


La vue est impressionnante, l'odeur saisissante et le chemin... long. À croire que Reims est un vrai gruyère !

Huit kilomètres de cave (que je n'ai évidemment pas fait, il ne s'agissait pas de faire un jogging) qui ont vu passer bien des histoires.

Entre autres, quelques soldats allemands ayant joyeusement trouvé le chemin de la réserve entre 1939 et 1945.


Ruinart ne s'est installé ici que 53 ans après sa création. Avant, la maison était basée à Épernay, dans un hôtel particulier.

La craie est une véritable aubaine puisqu'elle permet d'avoir des conditions de température, d'humidité, de conservation et de vieillissement optimales.



Le nez encore plein de l'odeur minérale de la cave, le cou douloureux d'avoir autant regardé en l'air, me revoilà sans que je ne sache où donner de la tête au point de départ : dans la salle de dégustation.


Le lien est vite fait et tout est magnifiquement bien ficelé : vous étiez au cœur du terroir et maintenant, vous allez le boire. L'inconscient dit bravo.


La maison a assis sa renommée grâce au fameux « Blanc de Blancs » signé par l’œnologue Frédéric Panaïotis et sa bouteille en verre transparent.

N'empêche, la cuvée que j'ai préféré est le Dom Ruinart blanc 2007 (millésime sorti il y a peu) pour sa texture franche, vive et droite. La bulle devient de plus en plus ample puis laisse une sensation légère, presque épicée en fin de bouche.



Le style de la maison se veut accessible. L'objectif étant d'être toujours sûr de faire plaisir, qui que vous soyez, lorsque l'on ouvre une bouteille de la maison. Un discours de satin, cousu de fil doré.


C'est parti pour... un max de fun ?


La dégustation :


AOC Champagne - Blanc de Blancs NM - Brut dosé 7.5 g/L

Lancé en 2001, ce 100% chardonnay se découvre sur des notes de cédrat, d'abricot et une pointe d'exotisme apporté par l'ananas.

L'attaque est vive, fraîche et agréable. La bulle est fine et rejoint ce début de bouche avec un côté éclatant. On y retrouve des arômes de fleurs séchées comme le tilleul.


AOC Champagne - Dom Ruinart blanc de blancs 2007 - Extra brut dosé 5.5 g/L 👍

Un nez très doux presque vanillé, de citron confit, de camomille et d'épices.

La texture en bouche est plus droite que ce que le nez y parait. L'acidité est bien présente et laisse la bouche fraîche.


AOC Champagne - Dom Ruinart rosé 2004 - Extra brut dosé 4.5 g/L

Bien que ce terme ne soit pas élégant, le premier mot qui vient est « pot pourri ». Ça sent les fleurs et les feuilles séchées à plein nez. Le nez est assez fermé et demande de l'aération pour mieux respirer.

Au départ, on ressent beaucoup de fraîcheur et d'acidité puis le côté vin reprend le dessus avec plus de souplesse et de rondeur. La bulle est fine mais plus ample et pleine que son homologue blanc de blancs.



Écrit par Cyriane, avec amour.


#bougebouteille #vignoble #ruinart #reims #champagne

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