• Cyriane

La Quinta do Infantado - La pépite du Douro !


Portugal ; Douro.


Fraîchement débarquée sur le sol portugais et après avoir goûté aux spécialités locales (morue, pastel de nata et j’en passe) il fallait que j’aille à la découverte de ce vin unique, communément appelé « Porto ».

Produit aussi populaire que mystérieux, follement apprécié par nos voisins anglais, ce serait une erreur ABSOLUE que de penser qu’il se résume aux standards de grandes marques.

Que ce soit clair, il n’existe pas un Porto mais des Portos, comme il n’existe pas une couleur mais des couleurs sur un tableau.


Ruby, Tawny, Vintage, LBV, blanc, rosé…

Celui qui s’en tient à « je n’aime pas le Porto » peut tout aussi bien dire « je n’aime pas les gâteaux » ou encore « je n’aime pas le fromage » : peut-être que certains te déplaisent mais je suis sûre qu’une pépite pourrait te surprendre.


Puisque l’on parle de pépite, je rebondis aisément sur le domaine du jour qui en est une : la Quinta do Infantado.

Nichée dans un paysage à vous couper le souffle, au cœur de la vallée du Douro, prévoyez une véritable épopée avant d’atteindre le domaine familial.

Petits chemins escarpés, pente très… pentue, chemin de terre… Il semblerait que GoogleMaps voulait à tout prix nous décourager.


Raté ! Un domaine comme celui-ci se mérite et nous voilà arrivés.


La première chose que l’on remarque ce sont les cuves de fermentation. Semblables à de petites piscines peu profondes, sans toit (à l’air libre), on imagine le spectacle lorsque les vendangeurs y déposent leur butin.

À l’époque, quelqu’un sautait dans la cuve et « foulait » (pressait), le raisin aux pieds (même si cela fait sourire, cela devait être HYPER physique). Aujourd’hui, cette méthode est remplacée par un foulage mécanique.



Une fois cette étape passée, les raisins tombent par gravité dans de grandes cuves inox située juste en dessous (malin) ! L’idée est d’avoir un minimum de manipulation pour que le produit soit respecté.

Après 3 ou 4 jours de fermentation, ils ajoutent l’eau de vie de vin (provenant du Portugal, d’Espagne ou de France) qui stoppe net la fermentation.

C’est cette étape unique, que l’on retrouve chez certains de nos vins français (Pineau des Charentes ou Macvin du Jura), qui donne au Porto son identité si singulière.


Dans cette Quinta, on fait du Porto depuis l’installation de l’arrière-grand-père, ici même, en 1904. Depuis plus d’un siècle, on perpétue la tradition et le savoir-faire tout en s’agrandissant.

Aujourd’hui, ils ont 46 ha (dont 12 ha en bio !), soit une paille comparée aux grandes maisons et leurs milliers d’hectares.


Vient le moment tant espéré de la visite des caves et rien qu’à l’odeur : WAHOU ! Les pipas, ces fûts typiquement portugais aux formes allongées de 550L, semblent être installées ici depuis la nuit des temps. Ça sent bon le vieux bois, et surtout… le vin !

Les planches des pipas ont la gueule cassée et sont ondulées, mais si elles pouvaient raconter des histoires, ces mamies de plus de 100 ans aurait BEAUCOUP de choses à dire !


De l’évaporation de l’alcool qui leur donne un peu d’air dans leur gros ventre, des employés qui venait de temps en temps leur ponctionner du liquide pour égayer leur journée, du sucre trop collant venu s’incruster entre leurs planches, des vignerons passionnants et passionnés qui les remplissent et les rafistolent et de ce vin si unique qui change de couleur sous leur douce patience.



En voilà une rencontre unique ! Un vigneron qui perpétue plus d’un siècle d’artisanat et de savoir-faire, avec des outils qui peuvent nous sembler surannés et qui font pourtant la beauté du Porto.

J’avoue avoir beaucoup aimer leur Porto blanc « dry » ! Les blancs ont rarement la qualité des rouges où l’on y ajoute souvent des glaçons et une rondelle d’orange histoire de cacher la misère.

Ici, de vrais beaux arômes de coing et de pomme cuite, une sucrosité bien intégrée et un équilibre au TOP du TOP.

Le conseil accord mets et vins du proprio : à marier avec un gaspacho et des crevettes grillées.



C’est parti pour...


La dégustation :

DOC Douro 2012 (bio)

Vin rouge classique de la vallée du Douro : il ne s’agit PAS d’un Porto.

Avec ses 36 mois en barrique et son assemblage de touriga franca et touriga nacional, on comprend tout de suite qu’il y en a sous la pédale !

Très fruité au nez et à la bouche, entre fruits rouges, fleurs et orange : c’est un petit délice. La texture est fraîche, concentrée et veloutée.


DOC Douro 2015

Plus jeune, il semble plus timide que son aîné et est resté assez fermé.

L’attaque est plus puissante et ses tanins sont veloutés et intenses. Le fruit est là : la mûre et le cassis dominent mais laissent place à un côté plus floral de rose.


Porto blanc Dry (45 g/L de sucre) 👍

La pomme cuite, le coing et la belle oxydation vous donnent illico l’envie de passer du nez à la bouche.

Au départ très doux, presque mielleux, il évolue vers les notes d’oxydation et se trouve un côté chaleureux. Avec 19,5° d’alcool, c’est franchement normal.

Une petite merveille !


Porto Ruby Reserve 👍

Très agréable et velouté, on se laisse charmer par ses arômes de mûre, de fraise et de cassis. La sucrosité n’est pas écrasante et aucune note d’oxydation à l’horizon : nous sommes bien en présence d’un Ruby !

À boire avec un beau magret de canard : MIAM MIAM MIAM !


Porto LBV 2013 non filtré

Le nez s’embarque pour un sacré voyage au pays des fruits cuits, de la confiture et de la gourmandise. Les tanins sont présents et contrebalancent la sucrosité pour rendre un bel équilibre.

L’ensemble laisse en bouche une sensation d’onctuosité et des notes de chocolat à vous faire rougir de plaisir.


Porto Vintage 2015

La réglisse et le cassis montrent les muscles dès que vous vous penchez vers votre verre. En bouche, même combat ! Bien qu’assez intense et persistante, on retrouve quand même de la finesse dans les tanins, de l’onctuosité et une sucrosité bien intégrée.


Porto Tawny Reserve

Plus typique de ce que l’on connait des Porto ! Ça sent bon le caramel, le coing, le gâteau aux noix et les raisins secs.

Les tanins sont quasiment absents, la sucrosité bien présente avec une pointe d’acidité.

En finale, on a l’impression d’avoir mangé une crème brûlée !!! Une tuerie.


Porto Tawny 10 ans

Orange confite, amande, « résiné » (confiture de raisin) : ça sent bon pour la suite !

Très suave et onctueux aux tanins très légers, il se boit bien volontiers et laisse dans son sillage de jolies notes d’amande.


Porto Tawny 20 ans 👍

Très confit, aux notes de poire et de raisin sec, il est TRÈS puissant. La bouche est suave sans présence tanique et se termine sur des notes confiturées.


Porto Colheita 2010 👍

Un nez qui se rapproche des sangrias : de l’orange, du raisin, de la noix et des épices !

En bouche on retrouve un beau grain de tanin, une sucrosité présente et bien intégrée avec une finale sur la poire cuite.


Ecrit par Cyriane, avec amour.

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