• Cyriane

Domaine Ponsot - L'aligoté au sommet

Mis à jour : 28 juil. 2019

Bourgogne ; Morey-Saint-Denis.


Amis romains, compatriotes, prêtez-moi l’oreille. Je viens pour ennoblir l’aligoté et surtout pour le louer* (on dit merci Shakespeare pour la punch-line !).

Un démarrage en grande pompe, nécessaire pour nous mettre dans le grand (vin ?) bain.



Le domaine Ponsot est un domaine familial de 7 ha au cœur de la célébrissime Côte de Nuits fondé en 1872 par William Ponsot.

Aujourd’hui, il est géré d’une main de maître par Rose-Marie Ponsot #womendowine et son adjoint Alexandre.

Bien que cela ait fait grand bruit à l’époque, le départ de son frère Laurent Ponsot, il y a deux ans environ, n’aura nullement fait sourciller le domaine.


Le domaine est notamment connu (et reconnu) pour être un propriétaire extrêmement bien loti en appellations classées « grands crus » : le fin du fin en Bourgogne.

« Clos de la Roche », « Clos de Vougeot », « Chambertin », « Chapelle-Chambertin », etc. Je vous sens déjà frémir de plaisir !



Ça, c’était pour la base.

La vraie question que l’on doit se poser, c’est : quelle est sa particularité qui m’amène à vous en parler aujourd’hui ?

Ma curiosité a été éveillée à la lecture d’un vieil article sur le domaine expliquant qu’ils produisent un vin classé « premier cru » à base… d’aligoté.


Bordel. Tous mes cours de sommellerie tombent à l’eau.


En général, on choisit un verre de blanc à base de ce cépage dans les bars à vin quand les fins de mois sont difficiles (mais que quand même, il faut bien s’hydrater le gosier). Un cépage considéré comme bas de gamme, peu complexe et indigne des grands terroirs bourguignons.

L’incompréhension fut donc totale.


Il fallait que je comprenne pourquoi l’un des plus beaux noms de Bourgogne s’attachait à conserver des vignes d’aligoté sur une parcelle classée premier cru.

La réponse m’a été donnée par Alexandre :


« La parcelle que nous avons a été plantée en 1911 sur la base de ce qu’il existait en 1872 (date de création du domaine), c’est donc un cépage historique dont les premières traces en Bourgogne remontent au XVIIème siècle !
Ce cépage ne donne rien de bon dans les plaines, est tardif et demande beaucoup de travail. Il est complètement incompris alors qu’il donne de grands vins du moment qu’il est sur le terroir adéquat.
Avant le phylloxéra, l’aligoté était planté sur les plus beaux coteaux, notamment sur Corton, Meursault ou Chassagne-Montrachet et le chardonnay sur le replat ! ».

Un discours à contre-courant de tout ce que l’on peut entendre à son sujet en ce moment.

Plutôt folie ou génie ?



Chez les Ponsot, le « terroir adéquat » est le Morey-Saint-Denis 1er Cru « Les Monts Luisants » ! Une véritable pépite puisque l’on dit qu’en automne le mont luit au soleil grâce aux feuilles jaunes dorées de la vigne : une merveille.


Bon. Je parle beaucoup de l’invité surprise (l’aligoté) mais l’autre point revenant régulièrement sur la table (de tri ? Mouhaha, les blagues de sommelier…) tient en quatre syllabes : MA-TU-RI-TÉ.

Là-dessus, aucune concession n’est faite.

Quand le raisin est mûr : il faut y aller ! Quitte à mettre au diapason l’équipe de la compta et des bureaux !


Pour le reste, la recette est simple : vinification dans des cuves en bois pour les rouges et dans des cuves émaillées pour les blancs, élevage en vieux fûts, mise en bouteille et hop : sur nos tables.

Simple, basique.



Si le domaine fêtera bientôt ses 150 ans, on peut dire qu’aucune ride ou fêlure ne vient perturber son quotidien ! Ils mettent en avant leur histoire, font des choix singuliers (parfois impétueux) et conjuguent ainsi à merveille tradition et modernité.


J’imagine que cela est clair mais le vin qui m’a mise les fesses par terre est décidément le Morey-Saint-Denis 1er Cru « Les Monts Luisants » en aligoté. Une folie de complexité et de longueur, relevée par une acidité « acidulée ». À boire avec un beau filet de sole, cuite meunière : un vrai délice !



À la santé de… l’aligoté (et des Ponsot) !

C’est parti pour…


La dégustation :


Ne soyez pas surpris qu'ils traitent leurs vins de noms d'oiseaux : c'est un peu leur marque de fabrique !


AOC Corton-Charlemagne - Grand Cru 2017

Très intense, aux notes de beurre et de noisette, il présente une attaque vive et fraîche puis prend plus de « gras » et une texture plus dense. À boire avec un beau ris de veau ou une belle sole meunière !


AOC Morey-Saint-Denis - 1er Cru - Clos des Monts Luisants 2017 👍

Une vraie tuerie ! Ses vieilles vignes centenaires d'un cépage que l'on croyait « de bas étage » se révèle complètement ! Un nez fleuri, de beurre et de fruits secs à tomber. Ajoutez-y une bouche vive, fraîche, acidulée et une pointe de souplesse : vous aurez un GRAND aligoté.


AOC Bourgogne - Cuvée du Pinson 2017 👍

Une claque pour ce vin régional d'une grande complexité ! Des notes de poivre et de fruits très noirs comme la mûre et le cassis se laissent déguster volontiers sur la texture légère et aérienne du vin. Les tanins sont très fins et se marient à l'explosion de fruit qui se déploie en bouche.



AOC Morey-Saint-Denis - Cuvée des Grives 2017

Un peu fermé et serré, il ne voulait visiblement pas être déguster ce jour-là. Cela aurait été dommage car nous aurions manqué le soyeux des tanins, les arômes de violette et de rose et la finale très (très) longue. À attendre absolument !


AOC Morey-Saint-Denis - 1er Cru - Cuvée des Alouettes 2017

Parcelle très proche du Clos de la Roche grand cru. Assez surprenant pour ses arômes d'épices, de fumé et de sauge. Au départ, les tanins commencent tout en douceur puis deviennent plus corsés et prennent de la mâche pour s'éteindre sur des notes plus élégantes de rose.


AOC Corton - Grand Cru - Cuvée du Bourdon 2017

Un nez dingue de cerise griotte, de fraise et d'amande : on en mangerait ! Tout en délicatesse et finesse du début à la fin, avec des tanins légers et une grande concentration aromatique.


AOC Clos de Vougeot - Grand Cru 2017

Le vin était fermé mais laissait passer de belles notes d'épices qui font l'apanage des grands vins. En bouche, l'élevage en fût se perçoit par une texture souple et des tanins soyeux. 


AOC Chapelle-Chambertin - Grand Cru 2017

Un nez « flatteur » de violette et de fruits noirs vient ravir nos narines tandis que l'expression, l'intensité et les tanins veloutés enchantent nos papilles. Une finale à la texture un peu plus raide mais d'une longueur incroyable.


AOC Chambertin - Grand Cru 2017

Je pense qu'il devait être bien peinard dans sa barrique et qu'il ne voulait pas être dérangé.  Un nez assez fermé où l'on retrouve toutefois le côté fleuri et floral qui fait l'élégance du domaine. La texture est d'une délicatesse et d'une légèreté folle et est associée à de beaux tanins !

AOC Clos de la Roche - Grand Cru 2017 👍 Bouquet final pour une dégustation hors norme ! Une explosion de fruits, d'épices et de feuilles séchées ! Plutôt souple et velouté dans un premier temps, il devient plus intense et puissant avec des tanins presque épicés !


Écrit par Cyriane, avec amour.

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