• Cyriane

Domaine Guillemot-Michel - Les vignes en héritage

Mis à jour : 28 juil. 2019


Bourgogne ; Viré-Clessé.


Lorsque je suis arrivée au domaine, un lendemain de fin de vendanges, toute fraîche, pimpante avec petit carnet de note et appareil photo, on peut dire que j'étais la seule à être « traaanquille » (à lire avec l'accent du sud s'il vous plaît) !



Fatigue, enthousiasme, chanson de Goldman, effort, travail et rapidité.

Pas le temps de se poser bordel.


Pourtant même si tout le monde courrait pour être opérationnel dans les vinifications, être sûr que le fût ne déborde pas et que les caisses à vendanges soient (ENFIN) propres, Gautier a quand même pris le temps de m'emmener dans les vignes, voir un terroir qui respire.


Gautier c'est LA pièce rapportée, puisqu'il est l'époux de Sophie, fille de Marc Guillemot et Pierrette Michel (d'où le titre). Il s’intègre dans cette joyeuse équipe et cogère avec sa belle-famille le domaine.



Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est bien tombé !

Même si l’appellation Viré-Clessé (situé au sud de la Bourgogne) est méconnue, le domaine est en plein sur le hameau de Quintaine que les anciens décrivent comme le Graal local.


Pour ses beaux-parents, c'est la même chose !


Marc et Pierrette sont des vignerons résolument modernes. Par exemple, il y a plus de 30 ans, ils firent le choix de ne plus vendre leur production à la cave coopérative et de créer leur propre vin. Ils l'étaient aussi lorsqu'ils s'imposèrent de ne pas mettre de produits chimiques dans leurs parcelles, à l'heure où ceux-ci avaient le vent en poupe.


Si Gautier n'est là que depuis un an, il connait déjà tout sur le bout des doigts : flux de sève, taille « Guyot-Poussard » en arcure, vendanges à la main... Quand il parle, on ne sait plus où donner de la tête !



Mais le meilleur, c'est de s'accroupir cinq minutes pour parler sol ! Le sol, c'est l'exemple le plus percutant pour comprendre leur travail.

C'est simple : en comparant leur parcelle et celle de leur seul voisin direct, il n'y a pas photo. Même s'il n'y a que 10 cm d'écart, dans l'un la terre est bien aérée, sans pierres apparentes, et chez l'autre, du gros caillou bien visible et un terrain tassé.


La raison de cet écart ? La biodynamie... depuis 1992.

Aujourd'hui argument de vente, l'agriculture biologique et la biodynamie étaient pourtant perçues comme « bio, écolo, crado » : une petite bande d'hippies illuminés qui essaient de faire du vin.


Et c'est qui les idiots ? C'est nooouus !


Ils sont même allés encore plus loin en cultivant leurs propres plantes, nécessaire au soin de leurs vignes telles que l'ortie, le romarin ou la sarriette.


Depuis le début le domaine ne mettait au monde qu'une unique cuvée, l'arrivée de la nouvelle génération lui a donné un petit coup de pep's.

Leur fille Sophie et son époux décident d'en créer une nouvelle, plus complexe, en mettant en lumière leur parcelle de vignes centenaires.

Ils lui donnent le nom de Charleston, rendant hommage à la « belle époque » et (sortez les mouchoirs) n'en produiront qu'une toute petite quantité : 700 bouteilles par an à s'arracher !



Ayant travaillé chez Hennessy (Cognac), Sophie se lance à distiller leur propre marc et fine de Bourgogne dans un alambic typique de Bresse.

Quand certains réduisent leur alcool à l'eau de source, ici c'est à l'eau de pluie : visiblement, rien ne se perd !

Elle décide également de créer « une bulle », sous une méthode ancestrale. Le résultat est terriblement gourmand puisque cette technique apporte une bulle bien plus délicate qu'une méthode champenoise, tout en gardant quelques sucres naturels du fruit.


Se sont-ils arrêtés là ? Non, non et non ! Est né leur « Djinn » (comprenez Gin) à base d'eau de vie de... chardonnay ! Ah ben oui, ils n'allaient pas chercher un alcool ailleurs alors qu'ils avaient une matière première en or pour le faire !



Le pire, c'est que tout est bon ! Aucun produit n'est créé au détriment d'un autre (moi jaloux ? Pas du tout) ! Ils filent droits et on ne peut qu'espérer qu'ils restent constants !

Pour avoir l'eau à la bouche c'est maintenant ! Voilà l'heure de la...


La dégustation :


AOC Viré-Clessé - « Quintaine » 2016 👍

Qui pourrait deviner que ce vin n'est pas élevé en fût tant il est généreux au nez ! Un vrai « plein de fruit », d’acacia, de coing et évidemment de raisin frais.

L'attaque ne déçoit pas : elle est vive, tendue puis tapisse l'ensemble de la bouche avec beaucoup de générosité. La finale est très agréable et s'éteint sur des notes de miel.


Marc (de chardonnay) 2014 42° 👍

Oui, vous avez bien lu « chardonnay ». Si les marcs sont souvent à base de pinot noir, ici on préfère faire comme on l'entend (ça vous étonne ?). Encore une fois c'est une bonne pioche puisque du nez à la bouche, il y a un vrai équilibre. Les arômes d'abricot, de chocolat blanc et de raisin confit nous donnent envie d'aller plus loin.

On sent une légère chaleur sur la langue, l'ensemble est très délicat. Habituellement les marcs sont rustiques, celui-ci est beaucoup plus doux, épicé et fruité.


Fine (de chardonnay) 2013 42°

De l'élégance à l'état brut pour cette fine.

Ses belles notes de raisins secs et de cacao se retrouvent en bouche.

La texture est non sans chaleur mais très délicate, ronde et épicée.

Choisissez un cigare « léger » comme ceux de la République Dominicaine pour l'accompagner.



Djinn 2017 48.5°

Au départ, la baie de genièvre domine (il ne cache pas ses origines), les agrumes tels que le citron ou le pamplemousse font également leur grande entrée.

La bouche est fraîche, agréable et un brin poivrée avec une finale vive et pleine d'agrumes.


Écris par Cyriane, avec amour.


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