• Cyriane

Domaine Georges Vernay

Mis à jour : 28 juil. 2019



Vallée du Rhône ; Condrieu.


Ici trônait un pape. Aujourd'hui une reine y règne. Rien que ça ? « Le pape du Condrieu et la reine de la Côte-Rôtie » ! Le pape, c’est le père : Georges Vernay. La reine, c’est la fille : Christine. Avec ces deux-là, la vallée du Rhône n’a qu’à bien se tenir !

Lorsque Georges naît à Condrieu, le paysage est bien différent d'aujourd’hui : la viticulture est sommaire, privilégiant le maraîchage, et les cépages tels que le viognier étaient peu implantés.

Et pour cause, il est fragile et pénible : en total désaccord avec la rusticité du terroir. Enfin... en apparence. À l’époque où Mr Vernay s’installe en tant que vigneron en 1953, seuls 6 ha de viognier sont plantés sur l’ensemble du globe. Convaincu de sa qualité et contre l’avis de ses pairs, il cultive ce cépage et en replante. Pour lui, c’est l’avenir des grands blancs de la région.


Aujourd’hui le viognier (poil au…) est implanté PAR-TOUT [article sur le sujet] ! Merci qui ?

Grâce à sa prise de risque et à ses talents de visionnaire, son travail sera désormais très reconnu : cela le propulsera d’ailleurs à la tête de l’appellation « Condrieu ». Un Graal qu’il dirigera d’une main de maître pendant 30 ans !!! Il éditera certaines règles dont la majorité est encore appliquée aujourd'hui. Cet enfant du terroir et de la terre saura sortir le meilleur des terrasses escarpées et des coteaux pentus. Un terroir qui a fait pâlir bien des vendangeurs ! Mais ce n’est pas des vignes qu’est sortie sa digne succession !

Bien qu’il ait eu des fils et que l’on pourrait penser que l’aspect patriarcal de la famille prenne le dessus, il n’en fut rien. À vrai dire, il y a pensé mais c’était sans compter sur l’arrivée d’une certaine « dame brune » : un petit bout de femme qu’il appellera Christine.



Celle-là même qui fut professeur d’italien à l’ENA à ses débuts et copine de la sublime cheffe triplement étoilée Anne-Sophie Pic (en voilà deux nénettes au caractère bien trempé) ! Lorsque son père décide de prendre une retraite bien méritée en 1997, elle suit le chemin qu’il a tracé avec (on imagine) une certaine pression de l’extérieur de savoir si elle sera à la hauteur. Pour les blancs, on peut aisément dire qu’elle n’est pas la fille du pape de Condrieu pour rien, mais pour les rouges c’est autre chose... L’année 2008 est un calvaire pour tous les vignerons du Rhône à cause d’une météo peu clémente en période de vendanges. C’est dans les années difficiles que l’on reconnaît un(e) grand(e) vigneron(ne). Christine relève le défi de mère nature haut la main en vinifiant une syrah sur le terroir de Côte-Rôtie à tomber ! Elle laisse s’exprimer chaque terroir (le « granit à biotite » si singulier sur la Côte Blonde par exemple) de chaque parcelle et évite la surcharge d’élevage en fût. Quelques années plus tard, en 2012, le Figaro la proclame « reine de la Côte-Rôtie », Bettane et Desseauve lui décerne le prix d' « homme de l’année » (oui oui « homme », tout va bien). Pour continuer sur une bonne lancée : deux ans plus tard, elle sera intégrée au cercle très fermé des 40 membres de l’académie des vins de France (hip hip hip…). Si 2017 est la triste année du décès de Georges Vernay, on peut se dire que son héritage est sauvegardé et même mieux : qu’il continue de s’épanouir !


Perchée dans une cuverie à l’abri des regards, en haut de ses 22 ha, Christine continue avec patience de développer ses vins. Vous pouvez d’ailleurs remarquer sur les bouteilles du millésime 2016 un petit changement : bien que le nom du domaine Georges Vernay reste inchangé, le joli nom de Christine Vernay l’accompagne désormais au sommet de l’étiquette. Et c’est une étiquette en particulier qui m’a tapé dans l’œil : la belle cuvée « Saint Agathe ». Enfin, plutôt le vin à l’intérieur que l’étiquette ! Classé en IGP, il a pourtant tous les codes d’un grand vin à laisser vieillir. Son nez intense et profond marque le début de l’aventure qui se poursuit en bouche ! Tout habillé de velours, il tapisse le palais en une élégance remarquable et se termine en une sensation juteuse et croquante. Bref à boire déraisonnablement !




Trinquons à la mémoire de Georges et à la santé de Christine !


La dégustation :


IGP Collines Rhodaniennes - Le Pied de Samson 2016

Première cuvée du domaine, ses beaux arômes d’abricot, de citron jaune et de cédrat s’ouvrent aisément en toute simplicité. Son élevage de 9 mois apporte au vin une jolie souplesse, tout en conservant une légère amertume et ses notes de cédrat en finale.

AOC Condrieu - Les Terrasses de l'Empire 2016 Ce nom énigmatique viendrait de la frontière entre le royaume de France et l’Empire romain à l’époque de Charlemagne. Depuis les terrasses, ils pouvaient donc contempler… l’Empire. Typique du viognier, ce sont les notes de pêche jaune qui dominent. Toutefois, nous pouvons noter qu’à l’aération, l’orange confite, le citron jaune et la vanille pointent le bout de leur nez. Le millésime n’étant pas un millésime « chaud », sa matière et sa souplesse n’ont aucune lourdeur et se terminent en une belle acidité. Les arômes d’abricot sont persistants et délicats, tout comme la sensation épicée en finale.

AOC Condrieu - Les Chaillées de l'Enfer 2016 👍 Issue de vieilles vignes de 1957, sa complexité est incroyable ! Très expressif, intense et opulent, son nez présente des notes de beurre, de jasmin, de rose, de zeste de citron et de vanille. La bouche est souple et assez grasse mais une légère acidité vient donner un petit coup de peps nécessaire. La finale est très (très) longue et s’éteint sur de beaux arômes de fruits.

AOC Condrieu - Coteau du Vernon 2016 👍 Cuvée parcellaire sur l’un des lieux-dits les plus reconnus de ce vignoble, ces vignes ont été plantées en 1937 par le grand-père de Christine. De la pêche rôtie, de la vanille, de la fleur d’oranger, de la poire et du citron ravissent nos narines. L’attaque est souple, onctueuse et garde cette belle texture du début à la fin. Une pointe de poivre blanc vient titiller la langue en finale.

IGP Collines Rhodaniennes - Fleurs de Mai 2017 👍 Un nez agréable en une avalanche de fruits rouges et une petite note « lactée » à tomber ! Sa vivacité, son côté croquant et gourmand sont aussi de beaux atouts pour une soirée réussie autour de belles viandes grillées. Ses tanins sont assez légers et s’éteignent avec ses jolies notes d’amande fraîche.

IGP Collines Rhodaniennes - Sainte Agathe 2016 👍 Profond et intense, ce nez se dévoile sur des notes de pruneau, de mûre, de cassis et légèrement fumées. L’attaque se fond en délicatesse puis se fait plus intense et juteuse. Les tanins apportent une belle mâche mais restent très veloutés et font écho aux beaux arômes de garrigue.


AOC Côte-Rôtie - Blonde du Seigneur 2016 👍 En voilà un joli nom ! Le livre « Belle du seigneur » est l’un des préférés de Christine et trône fièrement dans le caveau. Le fait que « belle » soit changé en « blonde » vient de la célébrissime Côte Blonde, dont le sol granitique est reconnu pour donner de grands vins. C’est l’unique cuvée où 5% de viognier (cépage blanc) sont ajoutés aux 95% de syrah. Le nez est une véritable gourmandise : entre le beurre, zan, bourgeons de cassis, violette, framboise et amande fraîche, on ne sait plus où donner de la tête (et je n’ai bientôt plus de place dans mon cahier) ! La bouche est délicate et puis boum ! Une explosion de fruits en bouche qui se mêle aux élégants tanins. Si cette élégance est présente du début à la fin, sa jeunesse lui donne une bouche finale assez serrée : à attendre absolument au moins 6 ans !


AOC Côte-Rôtie - Maison Rouge 2015 👍 Encore un nom qui soulève des questions ? Traduisez plutôt que sur ce lieu-dit habitait un homme habillé de rouge : en d’autres termes, c’était la maison d’un cardinal. Avec ses vieilles vignes de 70 ans et ses 2 ans d’élevage en fût, les arômes complexes de garrigue, de poivre noir, de café et de confiture de cassis ne sont presque pas une surprise (Christine n’est pas la reine de la Côte-Rôtie pour rien) ! La texture est d’une fraîcheur extrême où les notes de cassis se frayent un important chemin pour nous tapisser tout le palais. Les tanins sont bien présents, mais sans agression, et nous laissent un goût de trop peu pendant plusieurs minutes !


Domaine Georges Vernay



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