• Cyriane

Domaine du Signolet

Mis à jour : 28 juil. 2019


Suisse ; La Neuveville.


De l’émotion, du vivant et du brut.


Quelques mots pouvant décrire ce que vous ressentirez si vous croisez le chemin de Jean-Daniel Giauque du domaine du Signolet.



J’avais trouvé ce domaine grâce à un vieil article de la Revue du Vin de France qui établissait une liste des meilleurs vins suisses.

Sur le très méconnu canton de Neuchâtel qui porte le nom de son lac, l’article ne mentionnait que… deux domaines. C’est vous dire l’étendue de sa renommée !


Entre le moment où l’article a été publié et le moment où je l’ai appelé pour lui demander s’il voulait bien me recevoir, une dizaine d’années se sont écoulées.

10 ans… C’est long !


Entre temps, il avait réduit sa production et développé un aspect de polyculture, de maraîchage et de recherche des cépages.

Alors, sachez que certains vignerons sont durs à approcher : mais là il a fallu sortir les rames !!!

N’empêche, après trois mails et un coup de fil, j’ai eu le droit à mon laissez-passer.


Il fallait au moins ça ! Avec son accueil énergique, sa cave « du seigneur » des années 1400, ses vins et (cerise sur le gâteau) sa charcuterie maison, j'ai eu la banane pour le reste de la journée !


« - Tu as réservé au resto ? Tiens, prends mon téléphone et annules, tu manges ici.

  - Heu... ok ! »



En fait, rencontrer ce bonhomme, c'est se prendre deux bonnes claques (ceci est une image bien sûr, surtout au vue de la taille de ses grosses paluches : il vaut mieux éviter) !


Fier d’une grande sensibilité, il aime raconter qu’il commença à 18 ans et qu’il fut très avant-gardiste dans sa manière de travailler.

À peine arrivé, il cassa les codes en plantant d’anciens cépages européens et laissant de côté certains qu’il qualifie de « petits suisses ». Il garde évidemment les plus emblématiques de la région tels que le Saint-Laurent ou le diolinoir.


Ses techniques de marketing, de vinification et de traitement de la vigne sont également novatrices, ce qui a tendance à rendre jaloux certains de ses voisins.


Parfois opposé à son père vigneron, il trace sa route et choisit de laisser parler sa terre.

Un terroir si peu connu où tout était à écrire.

Il choisit de ne pas filtrer, de ne pas désherber, d’utiliser un labour à cheval, de faire du vin « orange », de travailler en agriculture biologique sauf pour un malheureux traitement, de faire du vin jaune, bref : un mordu de vin visionnaire qui a du pedigree !



Pour pouvoir s’en donner à cœur joie, il fallait une bonne base ! Un sol argilo-calcaire très pierreux posé à 430 m d’altitude, protégé par le lac de Neuchâtel et les plusieurs vallées environnantes à l'origine d'un véritable « microclimat ».


Toutes ces caractéristiques sont autant d'atouts pour élaborer de grand vins.

Il affecte donc chaque parcelle à des cépages précis, plante tantôt en taille « guyot », tantôt en « lyre », mais ne se met pas de barrières pour autant : ses envies et son ressenti priment sur le reste.

Après 30 ans de dur labeur, il fait le choix de lever doucement le pied.


En même temps, dans les années 2000, il créait pour chaque millésime plus de 30 cuvées différentes... seul !


Il laisse donc aujourd'hui à d'autres le soin de vinifier les raisins issus de ses 5 ha, tout en gardant ses « meilleures parcelles » (comprenez : chouchoutes) pour lui.

De ces parcelles, naissent les quatre dernières cuvées du domaine disponibles à la vente quelques mois dans l'année avant rupture de stock.


Comme il passe moins de temps dans ses vignes, il le passe ailleurs : à élever des poules, des cochons, des lapins, à planter des arbres fruitiers, des farandoles de fleurs, etc.


Franchement, vous trouvez qu'il a levé le pied vous ?!



Au milieu de l’apéro, entre le fromage, la charcuterie, le pain et l’huile d’olive, y défilait ses bouteilles !

L’une m’a évidemment tapé dans l’œil, c’est sa roussette sur le beau millésime 2015. Ce cépage que l’on retrouve beaucoup en Savoie et qui n’est pas reconnu pour sa complexité est ici d’une intensité surprenante ! Son nez salin et ses notes de fleur d’oranger, de foin, d’abricot confit s’harmonisent avec une bouche souple et un caractère épicé prononcé. Un régal pour peu qu’on l’accompagne d’une belle mozzarella bien fondante (Miam !).


« Quand le vin danse dans les bouteilles mon ami, c’est toi qui danse autour du monde »


Pour en savoir plus sur les vins, descendez un peu votre curseur, c’est le moment de…


La dégustation :


AOC Lac de Bienne - Blanchiet 2017

Les premières notes d’agrumes semblent virevolter de légèreté et de finesse vers nos narines. Ce nez n’en reste pas moins complexe puisqu’il y cache de beaux arômes de bois de cerisier !

En bouche, c’est simple, agréable et efficace. La finale est assez courte et se termine par de légères notes herbacées.


AOC Lac de Bienne - Roussette 2015 👍

Un nez qui fait penser aux plats des fêtes de Noël (non je n’ai pas fumé la moquette) entre le foie gras, la confiture d’abricot et la fleur d’oranger.

On pourrait presque parler de « mâche » une fois en bouche. Sa souplesse laisse tout de même passer une très belle tension et une finale épicée qui tapisse l’ensemble du palais.


AOC Lac de Bienne - Pinot noir Lago 2016 👍

Un véritable « plein de fruits », croquant et juteux comme on les aime : de belles notes de framboise, de fraise et puis c’est tout !

La bouche reste dans les codes en toute simplicité, en fraîcheur et en fruit, avec de légers tanins.


AOC Lac de Bienne - Pinot noir Vieilles Vignes 2016 👍

Son élevage de 24 mois en fût neuf se sent légèrement au nez entre les notes d’épices, de vanille et de beurre. Toutefois les beaux arômes de zan et de mûre fraîche sont bien propres au terroir.

Le terroir ? Parlons-en ! Il donne ici toute sa puissance à un pinot noir si souvent considéré comme « léger » et également une petite pointe d’amertume qui relève l’ensemble. La finale est gourmande et se décline entre la violette et la rose : un vrai bonheur !


AOC Lac de Bienne - HVS (Hasta Victoria Siempre ) 2015

Assemblage de pinot noir, de diolinoir et de Saint-Laurent (qui porte son nom car il mûrit le 10 août), c’est sa cuvée la plus « suisse » !

Dense et intense, ses notes de pruneaux et de confiture de mûre lui donnent un nez presque sombre.

Dû à peu d’ajout de soufre, une légère effervescence se fait sentir à la première gorgée. Si elle s’estompe avec l’aération, elle laisse place à une texture légère, des tanins souples et de beaux arômes de pamplemousse, de framboise et de groseille.


AOC Lac de Bienne - Pinot Saint-Laurent 2016

Proche du cépage gamay, il choisit de vinifier ce cépage comme on peut le faire dans le beaujolais : en macération par grappe entière.

Le résultat est là : un véritable jus de fruits rouges où les « rafles » se sentent légèrement au nez.

Sa mâche et sa texture souple le rend tout à fait surprenant par rapport aux autres plus légers.

AOC Lac de Bienne - Chardonnay levrouté 2015 - 30 g sucre/L 👍

Ananas, muscat, pêche rôtie, mangue, caramel… On ne sait plus où donner de la tête !

Si la sucrosité est légère, la texture à l’inverse est ample et pleine avec une très belle acidité. Ses notes d’épices, de badiane, de miel et de châtaigne rendent l’ensemble à tomber !


Domaine du Signolet



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