• Cyriane

Domaine de l’Alliance - Alliance terre et homme

Sauternais ; Langon


On croit savoir parfois. Sauf quand on rencontre Daniel Alibrand.

Tu as des certitudes ? Oublie les ! Tu crois qu’il faut être « aisé » pour avoir un domaine viticole ? Et encore plus pour y développer l’agriculture biologique ou la biodynamie ? Encore une fois, oublie.


Daniel, il cause. Beaucoup ! Il s’énerve aussi. Un peu.



Quand je suis allée avec lui au milieu des vignes, voir « là où tout se joue », on a parlé labourage, porte-greffes insuffisamment plongeants, mildiou, sémillon, sauternes, grêle, francs de pied, sélection clonale…


Bref. On a beaucoup parlé.


Avec ses 6,5 ha de vignes, il y a de quoi sourire dans le paysage des grandes maisons de Sauternes ! En plus, il choisit de produire en majorité un vin blanc sec en appellation générique « Bordeaux » pour éviter de ne produire que du Sauternes.

Pourquoi ce choix ? (C’est quand même trop bon le Sauternes !)

Dans les mauvaises années, la pourriture noble (#botrytiscinerea) qui est à la base de ce grand vin liquoreux ne touche pas le vignoble. Le raisin ne se flétrit pas et la concentration en sucre non plus.

Du coup que peuvent faire les domaines ou maisons ? Aussi incroyable que cela puisse paraître : y rajouter du sucre, « chaptaliser ».



Daniel a fait ses débuts du côté de Vouvray en vallée de la Loire et ne voulait pas se plier à cette pratique en arrivant ici.

En s’installant avec son épouse dans le Sauternais, il voulait créer un Sauternes lorsque les conditions étaient réunies en parallèle d'un beau Bordeaux blanc (sec).

Pour le Sauternes, c’est sans sucres ajoutés (encore mieux que le Coca Zero) ou pas de vin du tout.

En 2012 par exemple, aucune bouteille de Sauternes ne sort de son domaine.

Pas de vente en vrac non plus ! Lorsqu'on lui pose la question, il ricane : « on assume nos conneries ».


Qu’ils soient utilisés pour le vin blanc sec ou pour le liquoreux, les cépages (sémillon, sauvignon blanc, sauvignon gris et muscadelle) sont choyés au rythme du calendrier lunaire !

Les traitements se font à coup d’arnica, de pépins de pamplemousse ou de miel, le tout dilué dans de l’eau de source.


La biodynamie EST une philosophie.



Pendant les vendanges, rien n’est trié au chai mais directement dans les vignes.

« Il n’y a pas plus complexe que l’œil humain et ce qui arrive ici est parfaitement sain ».

Lors des années à Sauternes, les vendangeurs passent une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit fois dans la même rangée et ont pour instructions de ne récolter QUE ce qui est mûr.


Au milieu d’une petite ruelle se trouve le chai qui, avouons-le, ne paye pas de mine.

Quand Daniel plaisante, il parle de son « vin de garage ».

En même temps, son boulot c’est dans les vignes : l’élevage ne doit être qu’une formalité.

Peut-être qu’à le voir travailler, on serait gagnant de ténacité et de convictions : avec peu il arrive à faire grand !



À l’intérieur, un vieux pressoir pneumatique ayant fait ses premiers temps au château d’Yquem fait parfaitement l’affaire. Tout comme des cuves de fermentation et des barriques au format « bâtard » de 350 L.

La barrique traditionnelle bordelaise fait 225 L mais je crois (et vous l’avez compris) qu’il n’aime pas vraiment faire comme tout le monde.


Son symbole : la salamandre est fièrement présentée au mur. Contrairement à François 1er, il ne l’a pas choisie car elle « renaît de ses cendres » : ces gentilles créatures sortent de temps en temps de leur forêt pour lui faire coucou dans les vignes.



Pourtant, lui aussi revient de loin ! Depuis la création en 2005, il y a en a eu des péripéties et de gros doutes ! Aujourd’hui son vin de garage est à la carte des plus beaux restaurants français (Lameloise, Pic, etc.).

Avec la conviction de produire du Vin (avec un grand V), c’est-à-dire un produit issu d’un terroir et d’une année, Daniel fonce et j’adore ça.


J’ai adoré sa cuvée « Déclinaison », un 100% sémillon botrytisé… sec (complètement barjo je vous dis) ! Un vin singulier aux notes de fruits confits et à la bouche tendue, franche et vive.

Mais ce que j’ai adoré plus encore, c’était la rencontre avec un GRAND vigneron, brut et authentique.


Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée. Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l’interlocuteur en face je dirais, le miroir qui vous aide à avancer. Alors ce n’est pas mon cas, comme je disais là, puisque moi je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie, je ne suis qu’amour.

Otis – Astérix et Obélix Mission Cléopâtre.



C’est parti pour la dégustation :


AOC Bordeaux blanc 2018

Si l’on reconnait le caractère végétal du Sauvignon, il s’en trouve ici plus fruité avec de jolies notes d’abricot. La texture est vive, franche (comme lui ?), de beaux arômes de fruits exotiques et une belle amertume.


AOC Bordeaux blanc « Déclinaison » 2017 👍

Ici, c’est le sémillon qui mène la danse en « botrytisé sec » (je ne m’en remets pas, il est complètement fou…). Mettez-le à l’aveugle, avec son nez de fruits confits, d’orange et de raisin sec, tout le monde dira qu’il s’agit d’un liquoreux !

Surprise ! En bouche, une attaque vive avec un peu de souplesse (aucune sensation de sucre) et des notes d’ananas rôti à tomber par terre !


AOC Sauternes 2016 👍

Une bombe je vous dis !

Le nez de raisin sec, de zeste de pamplemousse semble être « profond ». La texture est souple, douce et le sucre bien présent (145 g de sucre/L). Rien n’est lourd, rien n’est pesant mais tout est d’une fraîcheur extrême.


Écrit par Cyriane, avec amour.


#bougebouteille #blogvin #bordeaux #sauternes

Qui m'aime me suive :

  • Facebook - Gris Cercle
  • Instagram - Gris Cercle
  • YouTube - Gris Cercle
  • LinkedIn - Gris Cercle

Faites-moi un coucou :

  • Lien facebook
  • Lien instagram
  • Lien Youtube