• Cyriane

Chartreuse, mon Amour

Mis à jour : 28 juil. 2019

Voiron ; fief d'une boisson incroyable.



Sans déconner, c’était UN RÊVE pour moi de me rendre à Voiron pour visiter, comprendre et déguster (forcément) cette liqueur légendaire.


Alors pour ne pas faire les choses à moitié et quitte à y être, je me suis collée la visite de la cave de notre boisson adorée puis celle du musée de la Grande Chartreuse (ancien lieu de vie des moines) dans la même journée.

Pour ceux qui ne connaissent pas cette jolie boisson : la Chartreuse, qu’est-ce que c’est ?

Simplement, une liqueur à base de 130 plantes, portant le nom de l’ordre qui est à l’origine de sa création : les moines chartreux.


Lorsqu’à la base, en 1084, Saint Bruno s’installe pour fonder son église et choisit le désert de Chartreuse, il s’agissait plus de se perdre loin des regards plutôt que de produire une boisson alcoolisée.



C’est seulement après plus de 500 ans, en 1605, que les moines mettent au point un guide « apothicaire » recensant 130 plantes, fleurs, épices et leurs vertus (vous la voyez arriver ?).

Grâce à ce guide, encore 120 ans plus tard, le frère Jérôme Maubec met au point un élixir contre divers maux, toujours vendu en pharmacie.


Il faudra encore un siècle, en 1838, pour que la Chartreuse jaune apparaisse dans nos verres (hip hip hip…).

Le secret de la recette est toujours extrêmement bien gardé : seul un frère et un père ayant fait vœux de « quasi-silence » (dérogation spéciale pour la Chartreuse oblige) connaissent la recette exacte, qu’ils défendent coûte que coûte !

Pendant la révolution, alors qu’un moine est capturé, il réussit à la faire passer en douce et à la sauver (on ne passe pas 6 jours de silence par semaine pour se faire piquer la recette par des révolutionnaires !).



Les plantes utilisées viennent en partie du jardin des moines cueilleurs, mais aussi du reste de la France et de l’étranger. Le procédé de fabrication n’est pas un secret puisque semblable à toutes les liqueurs, mais ce sont évidemment tous les détails de durée ou de quantité qui sont méconnus.


[Processus de fabrication : réception des plantes. Simple. Mise en contact et macération de certaines plantes avec un alcool à 96° de betterave ou de vin. Basique. Distillation dans un alambic. Simple. Les moins bonnes parties de la distillation : les « queues » sont données à l’industrie pharmaceutique. Basique. Assemblage des différentes distillations. Simple. Macération finale de plantes dans le distillat obtenu (coloration). Basique. Ajout de miel distillé ou de sirop de sucre. Simple. Mise en bouteille. Méfie-toi des apparences.]


Il faut savoir que cette liqueur est la SEULE à être colorée naturellement avec la macération des plantes et que le « vert chartreux » est une couleur bien précise et définie.

Le lieu d'élevage est toujours visitable mais interdiction de prendre des photos (Shame !). Alors faites marcher votre imagination !


La cave est la plus longue cave à liqueur... du MONDE ! 164 mètres de long, remplie de « foudres » (gros contenants) et de fûts de 600 L. Certains sont très (très) vieux et l'on voit des magmas de sucre cristallisé sur les parois extérieures.

D'autres sont plus récents, ce qui permet d'adapter la liqueur et les plantes à un contenant dédié. Par exemple, une plante qui aura besoin d'être un peu « musclée » ira dans un fût jeune plus petit, tandis qu'une plante très forte en arôme devra être « lissée » et ira dans un gros contenant plus vieux. [Vous me suivez toujours ?]



Pour arriver aujourd'hui à produire 1.700.000 bouteilles par an, ils en ont bavés ! D’ailleurs, de 1903 à 1929, plus une seule bouteille n'est produite en France suite à la scission entre Église et État (pas si vieux n'est-ce pas ?) et tout est produit à Tarragone.

De 1929 à 1989, ils reviennent en France mais continuent leur exploitation en Espagne.


Si vous retrouvez l'une de ces bouteilles produites chez nos voisins hispaniques chez papi et mamie, sachez que la bouteille vaut environ 800€ pour les plus récentes.


Dans la visite que j'avais choisie, il y avait une dégustation des liqueurs emblématiques de la Chartreuse.

Ce qui m'a séduit, loin de l'image très traditionnelle de la Chartreuse, on vous emmène loin des regards dans un « speak easy » : un bar clandestin caché dans le musée.

Car c'est bien sûr dans les bars à cocktails, tellement appréciés en ce moment, que toutes les Chartreuses trouvent une nouvelle jeunesse !



Dans les bars, mais pas que ! La demoiselle fera son apparition sur le grand écran, notamment chez Hitchcock dans « L’inconnu du Nord Express » ou Tarantino dans « Boulevard de la mort ». Elle portera le nom d’une chanson des ZZ Top et sera cité dans le sublime livre « Gatsby le magnifique ». Pas mal le pedigree non ?


Lors de la dégustation, j'ai pu goutter les deux « classiques » jaune et verte ainsi que les « VEP » (Vieillissement Exceptionnellement Prolongé) élevées deux fois plus longtemps que les précédentes.


Mon coup de cœur s'est clairement porté sur la VEP jaune que j'ai trouvé très élégante et racée. Des beaux arômes de cacao et de muscade dominent et on imagine sans mal les super-barmans créer quelque chose de formidable avec ça !

Alors levons nos verres à nos Chartreux chéris, et surtout que la recette soit toujours bien gardée !




La dégustation :


Chartreuse jaune - Classique 40° 👍

Déja : la couleur. Un magnifique doré avec de très légers et élégants reflets verts. Difficile pour moi de décrire un produit dont 130 ingrédients entrent dans sa composition, mais j'essaie quand même ! La baie de genièvre, le poivre, le cumin dominent clairement, tout en douceur et en finesse. Cette douceur se retrouve en bouche, où les notes de miel, de fenouil et de réglisse s’entremêlent. L'alcool est présent mais contrebalancé par la sensation sucrée que l'on aime tellement dans une liqueur.


Chartreuse jaune - V.E.P. 42°

Une couleur or encore éclatante ! L'élevage se fait sentir par la finesse et la rondeur des arômes. La texture est ample et souple et ses notes de fleurs, de cacao et de muscade sont à tomber par terre. Une vraie pépite à boire en fin de repas (sieste garantie !).


Chartreuse verte - Classique 55°

L'iconique, tout simplement. Un vert très léger et un bel éclat doré forme le fameux vert chartreux. Si l'alcool est un peu plus présent au nez, la complexité aromatique l'est tout autant ! La rose, le safran et le café viennent ravir nos narines ! La bouche est épicée et même un peu « herbacée » et s'éteint divinement avec des notes de poivre et de badiane. Les cocktails comme le Chartreus'ito ou le Last Word sont tops mais pour ma part, si vous l'ajoutez à un chocolat chaud après une bonne journée de ski, vous touchez le bonheur du doigt.


Chartreuse verte - V.E.P. 54°

Ici, la couleur est toujours parée du vert chartreux mais un peu plus sombre que les précédentes. Le nez est tourné vers le citron, des notes herbacées, le cumin et la badiane. Ces arômes viennent aussi en bouche pour ravir nos papilles en une texture très douce. La finale, elle, est un peu plus tranchée et épicée.

Sachez que d'autres Chartreuses existent, souvent en édition limitée, telle que celle des Meilleurs Ouvriers de France ou celle du 9° centenaire.



Cave de la Chartreuse


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