• Cyriane

Château Lacoste

Mis à jour : 28 juil. 2019

Provence ; Le Puy-Sainte-Réparade.


Whoah ! Regarde ça !


Whoah ! Et ça là-bas !


Whoaaaaah !



Au détour d’une route qui semble être au milieu de nulle part, vous croiserez peut-être la discrète inscription « Château Lacoste » suivie de deux grands murs (œuvre d’art de « Tadao Ando » soit dit en passant) cachant à nos yeux curieux ce qui se passe derrière.


Le fameux effet « Whoah » est garanti (on est dans le sud : forcément que c’est beau !).

Passé ces murs, vous tombez sur des vignes à perte de vue, un magnifique mas provençal et des œuvres artistiques et architecturales un peu éparpillées.

À part lâcher des onomatopées à gogo, il n’y a pas grand-chose à faire.



Ah si !


Caresser l’un des milliers de chats se baladant de manière nonchalante dans le domaine, histoire d’avoir au moins l’air de Vito Corleone.


Si cet univers semble être installé depuis longtemps, ce n’est pourtant qu’en 2002 que le domaine est vendu à Patrick MacKillen.

C’est cet homme d’affaire irlandais qui, d’après la légende, aurait acheté le château suite à une petite balade provençale avec sa sœur Mara.


Son projet était de remonter le niveau du domaine qui était qualifié tour à tour de « bâche brodée de dentelle » par l’Atlas des vins ou, moins poétique, de « vins médiocres » par la Revue des Vins de France (sympa l’ambiance).


Avec son œnologue, il commence donc par-là : ils divisent par deux la production en baissant drastiquement les rendements, ils se convertissent en 2009 à l’agriculture biologique et se dotent d’une cuverie ultra moderne dessinée par Jean Nouvel. Bim c’est qui le patron ?!



L’idée première était bien évidemment de garder « l’âme » du domaine en gardant la base de tout travail : les cépages

Syrah, grenache, cabernet sauvignon, vermentino, sauvignon blanc et chardonnay (oui oui chardonnay, allez savoir !) poussent et se développent ensemble sur des parcelles et des terroirs bien distincts. 

Le gros du terrain de jeu est évidemment sur les rosés, couleur de prédilection de Provence qui ravissent nos journées ensoleillées [un article sympa à ce sujet ici].


Et non non non ! Par pitié non ! N'y mettez pas de glaçon !


Une fois la bonne matière première passée en revue, on passe au point suivant : la vinification.

Ils montent une grande cuverie ultra moderne et impressionnante de sophistication.



Légèrement inclinée, elle fut étudiée pour utiliser la gravité à bon escient.

Les jus sortis des presses s'écoulent doucement dans les cuves inox, rangées en rang d'oignons, quelques mètres plus bas.


Les pompages trop agressifs sont donc presque tous évités et la qualité n'est pas altérée !

D'ailleurs lorsque vous vous baladez au-dessus des cuves, il est possible que vous soyez pris d'un certain vertige.

Il est aussi possible que votre guide soit tenté de vous jeter par-dessus la rambarde si vous posez 10 questions à la seconde (merci à Thomas de ne pas avoir craqué) !


Quelques fûts sont présents dans la cuverie mais restent anecdotiques : l’élevage en barrique n’est là que pour quelques cuvées.


Cette partie était déjà un projet pharaonique mais Patrick voulait voir encore plus loin. Convaincu du lien entre vin, art et architecture, il voulait que son domaine soit « complet » et que les futurs visiteurs vivent une véritable immersion.

Une fois que toute la partie viticole a été remise d'aplomb, quelques dizaines d'œuvres d'arts ont été réalisées pour le domaine. 

Il existe aujourd'hui un parcours de visite extérieure où sont présentées toutes les œuvres, parfois animées par des événements ou des concerts [le programme ici].

 

C'est vraiment LE gros plus du domaine.

Si vous ne savez pas trop quoi faire en Provence, allez-y. Un point c'est tout. Au pire, venez pour casser la croûte.



Cinq restaurants ont emménagé sur place et proposent une cuisine méditerranéenne, d'Argentine ou encore une cuisine gastronomique étoilée.

Y sont servis (forcément) tous les vins du domaine : de la cuvée la plus simple à la plus complexe.


Les vins ont tous le caractère « sudiste » avec plein de soleil, de fruit et de garrigue (sauf la cuvée « grand vin » en blanc, un peu à part), mais développent forcément des singularités entre les mains de l’œnologue Raymond Gimenez.


Fraîchement promu « big boss » suite au départ de Matthieu Cosse début 2017, nous attendons avec impatience de voir la différence de style (s'il y en a une) entre avant et après !


De tous les vins présentés, j'ai beaucoup aimé le Coteaux d’Aix-en-Provence rouge 2012

J’ai adoré l’intensité et la rondeur des tanins associées à la complexité des arômes de tapenade, de garrigue et de sous-bois. À déguster avec une belle souris d’agneau super fondante : un régal !



Faites trinquer les verres, c’est le moment de la :


Dégustation :


AOC Coteaux d’Aix-en-Provence rosé - Rosé d’une nuit 2017

[80% grenache, 20% syrah]

Cuvée emblématique de la maison, sa couleur vient d’une macération d’une nuit, d’où son joli nom. Issue d’une sélection en négoce, c’est le rosé simple, plein de fruits, aux notes de citron, de cédrat et de pamplemousse que l’on aime boire entre copains. La bouche est aussi une explosion d’agrumes et dévoile une vivacité marquée.


AOC Coteaux d’Aix-en-Provence rosé - Grand vin 2017 👍

[60% grenache, 35% syrah, 5% vermentino]

Un joli nez expressif, toujours dominé de notes de pamplemousse, qui nous donne envie de nous asseoir au soleil avec un chapeau de paille et de manger une bonne ratatouille. Je m’écarte un peu là. Sa fraîcheur, sa tension, sa légère amertume et sa finale légèrement épicée nous disent : encore.


AOC Coteaux d’Aix-en-Provence blanc - Première cuvée 2017 👍

[60% vermentino, 35% sauvignon blanc, 5% ugni blanc]

Les belles notes d’oranges confites, de citron et de pêche s’accordent pour un nez simple, plein de fruit et efficace. L’attaque est vive, fraîche et légère. Une certaine élégance s’en dégage en finale.


AOC Coteaux d’Aix-en-Provence blanc - Les pentes douces 2017

[50% vermentino, 50% sauvignon blanc]

La personne lui ayant donné son nom a fait preuve d’un certain « pragmatisme » sachant que les vignes sont plantées sur de « petits coteaux » dont la pente est plutôt douce.

Si le nez est assez délicat, il est un peu fermé aux premiers abords. N’hésitez donc pas à le carafer ou à le faire tournoyer dans votre verre. On y retrouve alors le citron confit, la pêche et même une légère touche vanillée.

La texture est plus souple et plus généreuse que celle de sa petite sœur mais son acidité rend l’ensemble équilibré.


IGP des Portes de Méditerranée blanc - Grand vin 2016

[85% rolle, 15% chardonnay]

Entre le chardonnay et son élevage de 12 mois en fût neuf, nous avons là un vin qui se rapproche plus d’un style « bourguignon ».

Nous y retrouvons des notes de citron jaune mais aussi de beurre et de brioche.

Une fois en bouche, l’attaque est plutôt souple, gourmande avec un certain gras en finale. Encore une fois, une jolie acidité en finale permet de ne pas rendre l'ensemble raplapla et lourd.


AOC Coteaux d’Aix-en-Provence rouge - Première cuvée 2016

[50% syrah, 30% cabernet sauvignon, 20% grenache]

Un vrai jus de fruit ! Cela parait très simple de dire ça mais on sent le jus de raisin à plein nez qui se mêle à la fraise, la framboise et la confiture de mûre.

Ici les tanins sont tout en muscle et en deviennent presque asséchants. De par sa jeunesse, son acidité permet d’avoir une finale plus vive et fraîche.

À boire avec des ribs de porc caramélisés pour un accord gourmand.


AOC Coteaux d’Aix-en-Provence rouge 2012 👍

[50% syrah, 50% cabernet sauvignon]

Un nez sur lequel on pourrait s’épancher des heures ! Même s’il n’a que 6 ans, il joue dans la cour des grands en développant des notes de garrigue, d’olive noire et de sous-bois à tomber par terre.

Ses 22 mois d’élevage en fût donnent une texture très veloutée et onctueuse qui se marie avec des arômes de fruits rouges juteux et croquants.


AOC Coteaux d’Aix-en-Provence rouge - Les pentes douces 2015

[60% cabernet sauvignon, 40% syrah]

Si les arômes sont assez similaires du précédent, il se démarque par sa texture et sa bouche chaleureuse.

Forcément, à millésime chaud, texture puissante et intense. Sa belle mâche, ses tanins intenses et sa finale sur le fruit nous donnent des indices sur son important potentiel de garde.


Château Lacoste




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