• Cyriane

Château des Creissauds

Aubagne ; Provence.


Provence (et ciel bleu) : bonjour !


Alléluia ! Me voilà enfin sur ma terre natale, à 15 minutes du fameux « Château de ma mère » de Marcel Pagnol, pour vous faire découvrir un lieu hors du commun.


J'ai choisi de me rendre au château des Creissauds, parce que, posons le tableau, ils produisent un pastis d'exception (un Pastaga espèce de fadade) mais pas seulement !



La passion des spiritueux et des vieux alcools marseillais qui animent les propriétaires est entraînante et vous avez vite fait d'acheter la gamme complète !

Rhum, whisky, gin, pastis, liqueurs, ratafia, élixir du Suédois et j'en passe : on ne sait plus où donner de la tête.


Pourtant Guillaume Ferroni n'était pas spécialement destiné à créer des alcools ou même à devenir barman.

Après un parcours atypique, il décide en 1998 avec sa compagne d'acquérir le château des Creissauds, alors plus ou moins laissé à l'abandon, pour organiser des événements et créer une école hôtelière.



Parallèlement il entame des recherches sur l’histoire des spiritueux et s'en passionne.

Suite à ses recherches, un bar « clandestin » verra le jour en plein cœur de Marseille du nom de Carry Nation.

Avec pour thème la prohibition américaine, il propose les grands classiques ayant fait les beaux jours de la mixologie mais aussi des créations faites selon le talent de ses barmans.


Historiquement, la prohibition a pourtant fait beaucoup de mal aux barmans et à leur savoir-faire : obligés de sortir des USA pour pouvoir travailler, ils s'exportent en Europe et réalisent ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils trouvent.

Sauf que les recettes étaient à base de produits majoritairement... américains. Les cocktails perdent donc de leur authenticité et de leur qualité.



Si aujourd'hui on considère qu'un mauvais alcool « passe » lorsqu’il est mélangé à autre chose, c'est en partie à cause de cette période.

Le film culte « Cocktail » avec Tom Cruise et ses mélanges bleus pétants surmontés d’un petit parasol n’ont pas arrangé les choses...


Mais voilà qu'en 2009 arrive le sauveur de l'humanité (ouais... non pas vraiment). Arrive au moins une bonne idée dans la tête de Guillaume : créer de bons spiritueux pour créer de bons cocktails.


Par exemple : Marseille comptait au XIX° siècle pas moins de 100 marques différentes produisant du rhum dont la marque Saint James faisait partie.

Il commence donc par là : il fait venir des rhums jeunes pour les faire vieillir ici, en Provence, dans des fûts de cognac (ces rhums sont toujours en vieillissement actuellement).



Avec son esprit créatif et son équipe de choc, il développe une large gamme d’alcool, en fonction de ses recherches, de ses besoins pour le bar et de ses envies.


Ainsi voit le jour un whisky de seigle, travaillé dans l’esprit des whiskys américains d’avant la prohibition, mais aussi un gin, une liqueur de gingembre, un ratafia de fruits rouges, etc.


Mais lorsque l’on rentre dans son laboratoire et que l’on trouve des noms étranges comme le benjoin, la calamis, l’artichaut, le cubèbe, la maniguette, rattachés à des fioles, on se dit que nous ne sommes pas au bout de nos surprises !



Le château, qui fut la propriété entre autre d’un gladiateur, d’un armateur et d’un pharmacien, coule actuellement des jours heureux avec tout ce petit monde mis au service de boissons passionnantes.


Avec cette gamme impressionnante, il aurait fallu que j’écrive un gros pavé pour vous détailler l’ensemble. Alors contrairement aux articles précédents, je vous raconterai en détail les différentes histoires ayant marqué quelques unes de ces boissons extraordinaires : vous n’avez plus qu’à faire votre choix.



Bien entendu, n’oubliez pas de lever vos verres à l’esprit en fusion de l’équipe du château des Creissauds !


Histoires de produits hors normes :


- Pastis -

Issu de plantes fraîches du jardin, la première idée de Guillaume était de faire honneur au travail des moines chartreux (d’ailleurs il paraît que vous avez un super article sur le sujet ici).

Mais avec l’influence du pastis dans le sud de la France, il y avait quelque chose à faire !

La différence entre la Chartreuse et le pastis est dans l'élaboration : pour le premier il y a une distillation alors que pour le second il y a uniquement une macération de plantes dans un alcool neutre (bio au château des Creissauds).

La particularité de ce pastis, c’est qu’il est… millésimé (Je vous entends rire les buveurs de Ricard là derrière !). Pourtant, comme dans le vin, les plantes subissent les aléas climatiques et s’offrent d’une manière différente en fonction de l’année.

Quelque chose que j’ai appris ici, c’est que le pastis fut créé à la base pour compenser l’interdiction de production de l’absinthe. Il fallait rapidement produire un alcool de plantes pour ne pas perdre sa fidèle clientèle. Historiquement, l’entreprise Pernod (Ricard) était un producteur... d’absinthe.


- Rhum -

Produit qu’affectionne particulièrement Guillaume, il élève son propre rhum, mais pas que ! Il fait aussi le choix de réaliser un « finish », c’est-à-dire de marquer un rhum déjà vieilli avec un contenant bien précis. Le but étant de lui donner des arômes particuliers lors des derniers mois de sa vie en cave.

Par exemple, il utilise des fûts ayant contenu du Rasteau, un vin doux (sucré) rouge de la région du Languedoc-Roussillon afin de lui apporter un côté plus flatteur ou encore des fûts de cerisiers (pourquoi, je ne sais pas).


- Whisky -

Après une belle rencontre avec un producteur de whisky breton (distillerie Warenghem), ils décident de mettre au point un produit unique, union de deux régions que tout semble opposer.

Le whisky commence sa vie en Bretagne dans des fûts de Sherry où il y restera pendant 6 ans. Il est ensuite acheminé en Provence et changé de contenant : désormais il sera dans des fûts de chêne américains !

Ces fûts seront placés 2 ans dans des petits cabanons où la chaleur se concentre (effet sauna garanti) afin que le style soit similaire à un vrai whisky « bourbon » avec sa texture souple et onctueuse.



- Gin Juillet -

Petite piqûre de rappel, le gin est issue d’une macération de baie de genièvre dans un alcool neutre (voilà voilà, c’est fini), mais d’autres composants peuvent entrer dans la recette finale.

Pour celui-ci, tout ce qui est ajouté est issue (d’où son nom) de la récolte du mois de juillet. Vous trouverez d’ailleurs, dessiné sur l’étiquette, la plupart des ingrédients comme le fenouil ou le melon.

Ce gin donnera naissance au dernier joujou de Guillaume : le « Kréyol », conçu dans l’esprit d’un gin sauf que l’alcool utilisé lors de la macération n’est autre que du… rhum ! (Monsieur Ferroni n’aime décidément PAS le rhum !).


- Liqueur de gingembre - Crixus -

Coup marketing de génie : le bouchon n’est autre que le heaume du gladiateur « Crixus », premier propriétaire du château. On ne l’achèterait presque que pour ça !

Liqueur de gingembre, elle se marie parfaitement dans des cocktails comme un ginger mojito pour rester dans les classiques.


Il en manque évidemment : le ratafia, le vespetro, les liqueurs de rhums, etc. De belles curiosités, que je vous invite à découvrir directement au château !


Château des Creissauds



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